Le blog d'Olivier Amiel


L'émission « Coup de com' » présentée par Laurent Bazin sur I-Télé est consacrée aux stratégies de communication. Ce week-end elle avait deux beaux décryptages à réaliser avec la vidéo du dérapage raciste d'Hortefeux à l'université d'été de l'UMP, et le JT de la chaîne belge RTBF révélant que l'Elysée avait demandé un public de petite taille pour accompagner Nicolas Sarkozy lors d'une visite d'usine.


Durant cette émission, Roland Cayrol, un des fondateurs de l'institut de sondages CSA, a offert des commentaires sérieux et perspicaces sur ces deux affaires.


Ainsi, pour les deux autres invités, le dérapage d'Hortefeux met surtout en avant un nouveau risque causé par Internet : celui du retour de la langue de bois des politiciens qui se sachant épiés à chaque sortie publique (enregistrements vidéos facilités avec les nouveaux téléphones portables, propagation rapide d'enregistrements sur des sites de partage vidéos) ne voudront plus causer de torts à leur image et se tairont. Roland Cayrol est d'accord sur ce risque, mais rappelle tout de même que le plus grave dans cette affaire demeure des propos qui banalisent un racisme ordinaire dans notre société et a fortiori quand ils sont tenus par un haut personnage de l'Etat comme le Ministre de l'intérieur. Pour lui, il ne faut tout de même pas se plaindre que la nouvelle donne technologique puisse enfin empêcher ce genre de dérapages.


Sur l'affaire du déplacement présidentiel dans une usine, Roland Cayrol s'est dit choqué de l'attitude d'un autre intervenant de l'émission. En effet, cet invité, communiquant de l'UMP, mettait en doute le sérieux du reportage de la chaîne de télévision belge, y voyant même une sorte de blague. Ce à quoi, Roland Cayrol a rétorqué que de nombreuses chaîne publiques devraient plutôt prendre exemple sur le professionnalisme et le crédit reconnus à la RTBF...


Le Directeur de recherches à Sciences Pô a ainsi permis un contrepoids de qualité à une jeune analyse faite de cynisme et d'arrogance.

Mar 15 sep 2009 Aucun commentaire