Samedi 17 décembre 2011 6 17 /12 /Déc /2011 00:06

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En 1961, Claude Lanzmann traitait les harkis de "chiens". Aujourd'hui, dans sa préface du dernier numéro des Temps modernes qui leur est consacré, le directeur de la revue estime qu' "il n'est pas tolérable que cette communauté soit marquée à jamais d'un stigmate de honte et que sa tragique histoire reste comme ensevelie, ignorée de la majorité des Français".

Que de chemin parcouru par les militants de gauche d'Algérie, révoltés par la torture, les exécutions de militants du FLN, et qui partageaient le plus souvent la clandestinité des "porteurs de valises" du réseau Jeanson! En ce 50e anniversaire des accords d'Evian, qui marquèrent la fin de la guerre d'Algérie et le début du long calvaire des harkis, ces derniers ont enfin droit d'apparaître autrement que comme des "collabos". Les Temps modernes leur accordent tout au long de ce numéro, à travers leurs témoignages ou ceux d'écrivains et de spécialistes du drame algérien, ce droit d'exister qu'ils n'ont pas souvent eu.

Car une seule chose compte : ces supplétifs de l'armée française, comme tant d'autres avant eux en Indochine, furent abandonnés en Algérie par la France, au mépris de sa parole. Bon nombre d'entre eux y furent massacrés dans des circonstances atroces, quand ceux qui avaient réussi à gagner l'Hexagone y furent relégués dans des camps qui ne font pas plus honneur à notre pays.

François Malye - Le Point du 15 décembre

 

"Alger s'éloignait, et arrivait jusqu'à eux le hurlement des harkis que l'on égorge. C'est ce qu'ils se dirent, les harkis que l'on égorge, mais pour garder en eux-mêmes une certaine courtoisie, un certain tact. Mais ils le savaient bien, ils avaient vécu dans ce pays de sang, ils le savaient bien que les cris qui s'élevaient de la foule agitée du front de mer étaient ceux de harkis que l'on démembre, que l'on émascule et brûle tout vifs, et qui voient dans le brouillard de larmes sanglantes, leurs larmes et leur sang, les bateaux partir"

Alexis Jenni - L'art français de la guerre (Gallimard).

 

Voir aussi :

 

"Je ne vous oublie pas" d'Emmanuel Sabatié

 

Pour une reconaissance par la France de sa responsabilité dans le drame des Harkis

 

Par Olivier Amiel - Publié dans : Principes républicains
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