En marge d'un séance de dédicace à Montpellier, Jean-Pierre Chevènement est revenu sur ses idées pour la France. Un témoignage en forme de programme politique.
L'image est saisissante : gabardine, chapeau, c'est dans une allure très Mitterandienne que Jean-Pierre Chevènement débarque à Montpellier pour une journée chargée. Rencontres avec la presse, rendez-vous avec Christian Bourquin, puis séance de dédicace.
Conserver la PAC.
Une fois la discussion lancée, le sénateur du Territoire de Belfort semble “être venu avec ses réponses”. Europe, industrie, Union Méditerranéenne, voilà quelques uns de ses dadas. Malgré la relative difficulté de l'entrainer sur des sujets qui touchent plus particulièrement notre région, il s'avouera un fervent partisan de la conservation de la PAC (Politique Agricole Commune) dans le budget Européen alors qu'elle doit être redéfinie en 2013. « Les gouvernements Français, explique-t-il, se doivent de maintenir l'agriculture et la viticulture, car nous devons subvenir à nos besoins, mais aussi à ceux des autres. Il faut freiner la marche en avant vers les grandes exploitations industrielles à l'Américaine, pour défendre la paysannerie et faciliter l'installation des jeunes agriculteurs. Il faut infléchir l'Europe dans sa tendance à défaire la protection, nous pouvons agir sur les prix et sur les aides indirectes. Les agriculteurs Français ont besoin de prix rémunérateurs. Il faut négocier, et être combattif, car la France se doit d'avoir un rôle important à jouer en Europe ».
Faire bouger la gauche.
Mais c'est bien là son seul accord implicite avec les valeurs de l'Union Européenne, qu'il accuse de néo-libéralisme et dont il réfute la capacité pacificatrice, la paix et la stabilité en Europe n'étant dû selon lui, qu'à l'équilibre URSS / Etats-Unis. Il s'avoue également déçu du peu d'intérêt porté par l'Europe du Nord pour la possibilité d'une Union Méditerranéenne, et affirme avoir « beaucoup de sympathie pour le mouvement des peuples d'Afrique du Nord ». En tant que tout nouveau président de l'association France Algérie, il prévoit « un avenir commun » à ces deux pays au XXIe siècle.
Alors que son parti, le MRC (Mouvement Républicain et Citoyen) vient de lancer un comité de soutien à une éventuelle candidature à l'élection présidentielle de 2012, Jean-Pierre Chevènement ne semble pas trop préoccupé par ce sujet mais ses affirmations sur la question prêtent à confusion : « Je prendrai ma décision à l'automne. Une chose est sûre, il faut une candidature alternative. Mon souhait est de faire bouger les lignes ». Un discours qui semble faire de sa candidature une formalité. Pourtant, comme d'aucuns le pensent, il ne voit pas sa potentielle candidature gêner le parti Socialiste « ce n'est pas la pléthore de candidats qui peut desservir la Gauche, c'est l'absence de projet. Il faut un projet à la hauteur des espérances populaires. Après tout ce qui compte pour la Gauche n'est pas de gagner, mais bien de réussir ».
L'Indépendant (Aude et Pyrénées-Orientales) du 14 février 2011