Les français et les néerlandais ayant refusé par référendum en 2005 le Traité constitutionnel européen, c'est par la voie parlementaire qu'on leur a imposé le
Traité de Lisbonne en 2008... Un affront à la volonté des peuples fort mal justifié par la prépondérance d'une démocratie représentative à la légitimité discutable (en tout cas en
France).
Les irlandais ont par contre la chance d'avoir une disposition constitutionnelle obligeant les gouvernants à effectuer un référendum pour toute modification des Traités européens. C'est
pourquoi le Traité de Lisbonne fut soumis à une consultation populaire en juin 2008 qui a vu la victoire du "Non". Cette expression démocratique a été remise en cause : car ils ont "mal
voté"... et doivent se prononcer à nouveau aujourd'hui après une campagne marqué par un lobbying agressif en faveur du "Oui" de la Commission européenne, de la plupart
des responsables politiques irlandais, et des multinationales.
Aussi, telle la "Raison d'Etat", une certaine vision de la construction européenne semble être considérée comme plus importante que la volonté des peuples et méritant des
aménagements aux principes démocratiques.