Jeudi 13 août 2009
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Cet article est publié dans le dernier numéro de la Revue de la Recherche Juridique - Droit Prospectif, qu'édite l'Université d'Aix-Marseille III - Paul Cézanne.
Extrait :
Le linguiste et dialectologue Graziadio Isaia Ascoli (1829-1907) aimait rappeler que le mot « irrédentisme »
était un des rares mots italiens qui soit devenu européen.
Le terme irredento ou « soumis à la domination étrangère », est composé du suffixe négatif in assimilé en ir devant le mot latin redimere, c'est à dire
« racheter », ou mieux « affranchir ». Ce composé va permettre de définir le mouvement politique réclamant l'annexion des territoires de langue ou de population italiennes
manquants à l'unité du pays. C'est à mesure que le pays se forme durant le XIXe siècle contre la domination autrichienne, que la revendication irrédentiste progresse comme le rappelle Angelo
Vivante : « Pour que les Italiens restés de l'autre côté de la frontière puissent aspirer à la rédemption par l'annexion, il faut que cet Etat devienne une réalité » (Angelo Vivante,
L'irrédentisme adriatique, Genève, Imprimerie Commerciale, 1917, p.2.). L'action
de Camillo Carvour, Président du Conseil du Royaume de Piémont-Sardaigne, artisan du Risorgimento, permet à Victor-Emmanuel II de Savoie d'être proclamé Roi d'Italie le 17 mars 1861. L'annexion de
la Vénétie en 1866 et de Rome en 1867 achève l'unité « première » du pays. Cependant, des voix de plus en plus nombreuses s'élèvent contre l'absence de certains territoires considérés comme
italiens. La mobilisation littéraire et politique aboutira définitivement pour Trieste et Trente, mais que provisoirement pour l'Istrie et une partie de la Dalmatie.
L'irrédentisme en tant que modèle de processus politique se divise en deux étapes : la consolidation d'une nation d'accueil, puis le rattachement des terres irrédentes. Une doctrine qui est
exportable dans d'autres contextes historiques et géographiques. Ainsi Maurice Barrès évoque l'irrédentisme Rhénan au début du XXe siècle. Plus récemment, la proclamation unilatérale d'indépendance
du Kosovo le 17 février 2008 a ravivé l'idée d'un irrédentisme albanais, et la confrontation entre russes et géorgiens en août 2008, celle d'une irrédentisme ossète.
Dans la France contemporaine, la doctrine irrédentiste est éventuellement transposable dans les territoires basques et catalans. En effet, une partie des départements français limitrophes avec
l'Espagne sont parfois considérés comme les terres irrédentes des nations basque et catalane plus ou moins affirmées. La volonté dans ce sens, présente des deux côtés des Pyrénées et les moyens
juridiques, issus notamment de la Constitution française, rendent cet irrédentisme envisageable, mais improbable en raison des limites importantes des facteurs existants pour un rattachement
territorial.
Par Olivier Amiel
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Publié dans : Principes républicains
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