Mardi 14 juillet 2009 2 14 /07 /Juil /2009 12:01


La Fête nationale française commémore la Fête de la Fédération du 14 juillet 1790 qui commémorait elle-même le premier anniversaire de la prise de la Bastille en 1789.

Pour Jean Jaurès : "C’est naturellement au 14 juillet 1790 que fut fixée la fête de la Fédération... car c’est le 14 juillet qui avait créé la liberté et qui avait suscité le mouvement des communes révolutionnaires. Elles retournaient pour ainsi dire à ce grand événement comme à leur origine même et à leur centre... Si les ennemis de la liberté et de la Nation continuaient ou étendaient leurs intrigues, une commune isolée ne pourrait rien ; ou elle serait écrasée ou elle serait suspecte. Il fallait donc former comme une chaîne de communes, s’unir, se fédérer aux communes libres et révolutionnaires de la même province, de la même région. [...] Mais comme était grand l’enthousiasme général ! même les citoyens passifs participaient de toute l’émotion de leur cœur à la grande fête ; ils se sentaient haussés malgré tout avec la Nation tout entière, et je ne sais quelle espérance unanime et quelle unanime tendresse réalisa un moment, malgré la part d’égoïsme et d’oligarchie des institutions nouvelles, l’unité des nations, l’unité de classe... Il y avait dans ces contrastes, dans cet amalgame bizarre des formes anciennes et des pensées nouvelles, je ne sais quoi d’imprévu, de compliqué et de grand... La Fête de la Fédération... ajouta certainement à la force intime de la Révolution dans les âmes, à sa force de rayonnement dans le monde..." (Histoire socialiste de la Révolution française, Chapitre VIII, La Fédération, p. 827-835)
 

Pour Jules Michelet : "La France de 89 a senti la liberté, celle de 90 sent l’unité de la patrie... Dans ce moment redoutable, elle est sa loi à elle-même ; elle franchit sans secours, dans sa forte volonté, le passage d’un monde à l’autre" et, parlant, des participants à la Fête : "ils ne savent plus ce jour-là de quelle province ils étaient... Enfants isolés, perdus jusqu’ici, ils ont trouvé une mère ; ils sont bien plus qu’ils ne croyaient : ils avaient l’humilité de se croire Bretons, Provençaux... Non, enfants, sachez le bien, vous étiez les fils de la France, c’est elle qui vous le dit, les fils de la grande mère, de celle qui doit, dans l’égalité, enfanter les nations... Tout a disparu, la géographie est tuée. Plus de montagnes, plus de fleuves, plus d’obstacles entre les hommes... Les voix sont diverses encore, mais elles s’accordent si bien, qu’elles ont l’air de partir d’un même lieu, d’une même poitrine... Tout a gravité vers un point et c’est ce point qui résonne, tout part à la fois du cœur de la France... Personne ne pouvait manquer à la Fête ; personne n’était simple témoin ; tous étaient acteurs..." (Histoire de la Révolution française, Livre III, chapitre XI, p. 402-406).

Par Olivier Amiel - Publié dans : Principes républicains
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