Quelques membres du Mouvement Républicain et Citoyen viennent de créer une association « République et socialisme » afin de manifester leur refus de la position officielle du parti de Jean-Pierre Chevènement de ne pas s'engager dans les prochaines élections européennes.
Créé à la « va-vite », ce regroupement fait naître une confusion dans l'électorat, puisqu'il appelle à coup de nombreux communiqués, à voter pour le Front
de Gauche (constitué du PC et du Parti de Gauche de Mélenchon), alors que Jean-Pierre Chevènement appelle « au vote blanc ou nul de préférence à l'abstention ».
Cette manoeuvre va contre l'avis des représentants du MRC qui avaient décidé par vote, lors d'un Conseil National, la non participation du parti. Une décision
à contre-coeur puisque notre mouvement préconisait une grande union de la gauche pour ce scrutin. Un voeu qui est resté malheureusement pieu.
Beaucoup d'entre nous étaient favorables à une adhésion au Front de Gauche, mais pas à n'importe quel prix.
Or, le prix à payer était bien trop élevé puisque nos partenaires nous demandaient de renier notre identité républicaine : le point d'achoppement principal résidant dans leur refus de considérer comme nous que « la nation reste le lieu privilégié de la démocratie et de la solidarité ». Au contraire, pour certains membres du Front de Gauche : « il faut faire l'Europe pour défaire les Etats », de plus ils fustigent la « souveraineté nationale »... Il y a une certaine incohérence de la part des personnalités du Front de Gauche d'avoir refusé la Constitution européenne en 2005, et de demander aujourd'hui la fin des Etats-Nations au profit d'une sorte de « Super Etat européen ». Certes, comme le rappelait Ernest Renan : « Les nations ne sont pas quelque chose d'éternel. Elles ont commencé, elles finiront. La confédération européenne, probablement, les remplacera », mais il rajoutait, et l'analyse reste d'actualité que : « l'existence des nations est bonne, nécessaire même. Leur existence est la garantie de la liberté, qui serait perdue si le monde n'avait qu'une loi et qu'un maître ».
Le MRC a préféré rester cohérent et fidèle à son identité républicaine, et refuser ce que son Président appelle un « ralliement piteux », afin de conserver sa crédibilité envers les électeurs et les autres formations politiques de gauche pour les prochaines échéances électorales, quelles soient locales (municipales de Perpignan, régionales, etc.), et surtout nationales en 2012.