Le 7 mars 1966, Charles de Gaulle décide de faire sortir la France de l'OTAN... et inversement, car « La France se propose de recouvrer sur son territoire
l'entier exercice de sa souveraineté, actuellement entamé par la présence permanente d'éléments militaires alliés ou par l'utilisation habituelle qui est faite de son ciel, de cesser sa
participation aux commandements « intégrés » et de ne plus mettre de forces à la disposition de l'OTAN ».
Or, le 7 février, Nicolas Sarkozy annonce le retour de notre pays dans le Commandement intégré de l'OTAN qui sera officialisé lors des commémorations du soixantième
anniversaire de l'organisation en avril prochain.
Une décision lourde de sens et de conséquences qui met la France en danger vis-à-vis de son indépendance mais également de sa sécurité puisque cela va
l'assimiler à un Occident non soucieux du multilatéralisme, voire impérialiste. Comme le rappelle Jean-Pierre Chevènement : « Nous ne devons
pas nous laisser entraîner dans des guerres qui ne sont pas les nôtres » autrement dit, celles des Etats-Unis...
Le Secrétaire d'Etat américain, David Dean Rusk, commenta le retrait de la France en
1966 par ces mots : « Nous devons accorder peu d'importance aux opinions gaullistes. Nous devons agir avec l'idée que le leadership de De Gaulle en France est temporaire, qu'il
sera remplacé par un gouvernement plus attentif aux souhaits de l'opinion publique, et donc plus favorable à l'OTAN ». Une vision que confirme le retour de la France dans le Comité militaire en 1995, et surtout la récente décision de Nicolas Sarkozy.
Aussi, un vote du Parlement sur cette question, comme le propose Jean-Pierre Chevènement, est devenu nécessaire, non pas pour inverser la malheureux alignement
atlantiste que rien ne semble pouvoir éviter pour le moment, mais pour réaffirmer où sont aujourd'hui les véritables défenseurs d'une Certaine idée de la France.