L'analogie est souvent faite entre Nicolas Sarkozy et Napoléon III, dit "le petit". Dans ce sens, un texte de Victor Hugo circule sur Internet sous le
titre évocateur de "Ressemblances" :
" Que peut-il ? Tout. Qu’a-t-il fait ? Rien.
Avec cette pleine puissance, en huit mois un homme de génie eût changé la face de la France, de l’Europe peut-être.
Seulement voilà, il a pris la France et n’en sait rien faire. Dieu sait pourtant que le Président se démène : il fait rage, il touche à tout, il court après les projets ; ne pouvant créer, il
décrète ; il cherche à donner le change sur sa nullité ; c’est le mouvement perpétuel ; mais, hélas ! cette roue tourne à vide. L’homme qui, après sa prise du pouvoir a épousé une princesse
étrangère est un carriériste avantageux.
Il aime la gloriole, les paillettes, les grands mots, ce qui sonne, ce qui brille, toutes les verroteries du pouvoir. Il a pour lui l’argent, l’agio, la banque, la Bourse, le coffre-fort. Il a
des caprices, il faut qu’il les satisfasse. Quand on mesure l’homme et qu’on le trouve si petit et qu’ensuite on mesure le succès et qu’on le trouve énorme, il est impossible que l’esprit
n’éprouve pas quelque surprise. On y ajoutera le cynisme car, la France, il la foule aux pieds, lui rit au nez, la brave, la nie, l’insulte et la bafoue ! Triste spectacle que celui du galop, à
travers l’absurde, d’un homme médiocre échappé "
Autre exemple avec la similitude dans la politique du faste de Nicolas Sarkozy. L'historien Xavier Mauduit évoque "Le ministère du faste : La Maison de l'Empereur Napoléon III" dans un
article du Hors-série n°4 de la revue d'histoire politique Parlement[s] consacré au Second Empire. On y lit que "Louis-Napoléon Bonaparte, pour consolider son pouvoir, met
en place une politique de l'image. Le prince-président fait donc, dans la représentation de sa fonction, le choix du faste". Un choix semblable à celui de Nicolas Sarkozy dès sa victoire de
2007 : fête au Fouquet's, vacances en yacht, récent séjour de Noël au Brésil, etc. Une surexposition médiatique et "Bling-Bling" destinée à "émerveiller" le plus grand nombre comme du temps de
Napoléon III : "car si la Maison de l'Empereur est un outil efficace pour capter les élites, elle se doit également de fasciner le plus grand nombre. L'une des missions de la Maison est en
effet de montrer au peuple le pouvoir dans le faste".
L'institutionnalisation du faste sous l'Empire se retrouve à notre époque grâce aux révélations du Député René Dosière avec une hausse de 11% du budget de l'Elysée
(nouveau Ministère du faste) en raison notamment d'un doublement des dépenses de réception et de celles liées aux déplacements présidentiels...
L'article de Xavier Mauduit fait également référence à la place de l'Impératrice Eugénie dans la politique du faste de Napoléon III, à rapprocher des attributions actuelles de Carla
Bruni.
L'auteur conclut son étude historique par ces mots qui peuvent sonner comme une mise en garde pour notre actuel Président : "Napoléon III est confronté au problème de l'utilisation du faste
pour produire de la légitimité et à une volonté de légitimité démocratique, qui par définition doit pouvoir se passer du faste. Ces questions, semble-t-il, se posent encore vivement
aujourd'hui".
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