La discussion portant sur le projet de loi constitutionnelle de modernisation des institutions de la Vème République a permis l'adoption d'un amendement qui
complète l'article premier de la Constitution "La France est une République indivisible..." par "Les langues régionales appartiennent à son patrimoine".
Cette évidence que viennent de reconnaître nos députés est tout à fait légitime, même pour un chevènementiste membre de l'Adpor... Nos langues régionales sont une richesse à préserver, mais
dans le strict respect de l'unité républicaine.
Or, cet amendement ne remet pas en cause le verrou constitutionnel de l'alinéa premier de l'article 2 : "La langue de la République est le français". Aussi, le pis-aller de la
modification de l'article premier, n'aura aucune conséquence négative sur l'unité linguistique de notre pays, ni devant le juge français, ni devant le juge européen.
L'article premier de la Constitution est devenu le lieu de toutes les lapalissades possibles avec cette référence positive aux langues régionales aujourd'hui, et après l'insertion en 2003 du
complément : "Son organisation est décentralisée", une évidence depuis 1982...
L'intérêt de rajouter ces truismes dans la Constitution est pourtant très ingénieux, car de la même manière que le rappel de notre organisation administrative décentralisée permet de
confirmer notre unité territoriale (car seul un Etat unitaire peut être décentralisé, et non un Etat fédéral...), l'intrusion des langues régionales dans le "patrimoine" de la
République consacre la langue française comme l'unique langue de la vie publique.
Il s'agit d'une application d'une sorte de "laïcité du fait régional" : il faut permettre, voire défendre la pratique libre et privée de notre régionalisme (langue,
culture, traditions), mais préserver la neutralité du champs public notamment par une langue commune, comprise par tous.