A lire, une excellente tribune de François Doutriaux dans l'édition de Libération du 14 novembre (ici ).
Cet enseignant spécialisé dans le droit du travail rappelle d'étonnants chiffres comme la onzième place française sur les dix-huit pays les plus industrialisés en ce qui concerne les journées non
travaillées pour fait de grève. La France toujours en grève ? Le modèle social scandinave ? François Doutriaux démystifie ces idées reçues : "La France demeure onzième sur
dix-huit, avec une conflictualité qui s'est effondrée (0.03 journée de grève par salarié et par an) [...] Les modèles nordiques - réputés en France pour la qualité du dialogue social qui y
régnerait - se situent en tête du classement : Le Danemark est premier, la Norvège quatrième et la Finlande septième. Ainsi la "flexsécurité", tant vantée par les dirigeants français, semble
caractérisée par un niveau de conflictualité nettement plus important. Un paradoxe qui ne semble pas intéresser les défenseurs de son introduction progressive dans notre pays". Les médias
français relaient cette fausse idée d'un pays gréviste, et exagèrent le rejet des citoyens contre les mouvements sociaux.
Après avoir démontré l'inanité et l'effet pervers de la loi du 21 août 2007 sur le "service minimum" dans les transports, François Doutriaux conclut qu'il s'agit de simples "proclamations
destinées à satisfaire tant l'hostilité (réelle) des médias que celle (supposée) de la population. Ainsi alimente-t-on, sans doute à dessein, les préjugés de ses concitoyens".
Une analyse claire et instructive pour mieux comprendre, voire soutenir les différents mouvements actuels.