Lundi 1 octobre 2007 1 01 /10 /Oct /2007 10:22

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La Mairie de Perpignan a comme projet, l’ouverture d’un " Centre de la France en Algérie " dans le couvent Sainte-Claire (l’ancienne prison).

 

L’idée d’un musée portant sur la France en Algérie n’est pas une mauvaise chose en soi. Ce qui est largement contestable c’est le choix de confier sa réalisation qu’au seul " Cercle algérianiste " regroupant des rapatriés. Eric Savarese, maître de conférence à l’Université de Perpignan, rappelle que sur un thème aussi passionné que la présence française en Algérie : " il est fondamental de multiplier les documents et les points de vue " (Libération du 20 septembre).

 

La France en Algérie est un élément important de notre histoire nationale. A ce titre, on ne doit pas nier les parts d'ombre de celle-ci, mais accepter l'ensemble de ce que Renan nomme " l'héritage qu'on a reçu indivis " composé de fiertés et de hontes. Ne s'honorer que des gloires du passé commun est évidemment préjudiciable et révèle une amnésie cocardière déviant vers le nationalisme xénophobe. L'inverse est tout aussi nuisible, dans ce sens, Albert Camus affirmait en mars 1958 : " Il est bon qu'une nation soit assez forte de tradition et d'honneur pour trouver le courage de dénoncer ses propres erreurs. Mais elle ne doit pas oublier les raisons qu'elle peut avoir encore de s'estimer elle-même. Il est dangereux, en tout cas, de lui demander de s'avouer seule coupable et de la vouer à une pénitence perpétuelle " (Chroniques algériennes (1939-1958), 1958). Dans le même sens, l’Accord de Nouméa du 5 mai 1998 avait trouvé une formulation très juste : " Le moment est venu de reconnaître les ombres de la période coloniale, même si elle ne fut pas dépourvue de lumière "

 

C’est pourquoi le projet municipal mérite plus de sérieux et d’objectivité. Un conseil scientifique regroupant diverses positions doit être mis en place. Concernant l'ouverture à des historiens ayant une autre vision de la période, Jean-Marc Pujol, le Maire adjoint qui s'occupe du projet affirme : "les historiens que l'on veut m'imposer et qui, pour plusieurs d'entre eux, ont été membres du Parti communiste pendant 30 ans. ça, c'est comme si on me demandait d'intégrer des anciens nazis repentis pour parler du 3e Reich" (sic, L'Indépendant du 29 septembre). 

Peut être qu'il s'agit d’une opération politique devant permettre à Jean-Paul Alduy de fidéliser à nouveau un électorat d’extrême droite, déjà satisfait par l’obtention d’une autorisation pour élever une stèle dans le cimetière du Haut-Vernet, à la mémoire de Bastien Thierry, Lieutenant colonel de l’armée française, membre de l’OAS et organisateur de l’attentat au Petit-Clamart contre le Général de Gaulle. Le numéro d’équilibriste de notre maire continue… Attention à la chute !

 

Dans un ouvrage conseillé par mon amie " C’était leur France, En Algérie, Avant l’indépendance " (Gallimard, 2007), Leïla Sebbar a la riche idée de donner la parole à plusieurs écrivains nés en Algérie, mais de cultures différentes (musulmane, chrétienne, juive, laïque…), afin de raconter leur lien avec les deux pays.

C’est dans cette logique universelle que devrait être réalisé le " Centre de la France en Algérie " à Perpignan.

 

 

 

Par Olivier Amiel - Publié dans : Politique locale
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