Mardi 28 décembre 2010
2
28
/12
/Déc
/2010
12:38
"Saleté d'époque, avec cette propension qu'elle a à trouver du talent à l'argent, que le commerce est génial et que l'art est ennuyeux" (Eric Neuhoff,
Histoire de Frank).
La prochaine victime ? L'Hôtel de la Marine, place de la Concorde à Paris.
En effet, ce magnifique bâtiment qui abrite l'Etat major de la Marine nationale (son affectation depuis 1789...) devrait perdre ses occupants actuels (envoyés dans
le "Pentagone" français voulu par le Président Sarkozy) et pourrait être cédé au privé... Pas une vente, mais tout comme : un bail emphytéotique, c'est à dire pouvant comprendre une durée
de 99 ans !
Plus préoccupant, c'est le groupe Allard via le lobbying de son n°2, l'ancien Ministre de la culture Renaud Donnedieu de Vabres, qui est le mieux (le seul ?)
placé pour réaménager le site en Palace-Restaurant-Centre commercial de luxe-Studios d'enregistrement-Piscine... Le tout, grâce à l'aide financière d'investisseurs du Qatar. L'affaire serait déjà
entendue puisque l'Elysée, comme la Mairie de Paris sont favorables au projet....
Ce n'est pas tant l'objectif du projet qui choque, mais la carte blanche offerte à un "privé" pour un lieu aussi important de notre patrimoine "public".
Qu'on nous épargne les sarcasmes contre les réacs des vieilles pierres, car les appels à la vigilance vis-à-vis du projet ratissent large : de Valéry
Giscard d'Estaing à Jack Lang (Ce dernier qui raconte dans un récent ouvrage sa bataille en faveur du Grand Louvre : un projet certes novateur et controversé, mais d'intérêt général et piloté par
l'Etat) rappelle que : "ce qui appartient à l'Etat doit rester à l'Etat". Et que dire du désarroi de l'entreprise Bouygues qui a gracieusement offert une restauration de
l'Hôtel pour 6.3 millions d'euros et qui considère aujourd'hui : "Nous étions ravis de subventionner la République, dit-on au siège du groupe. Si nous avions su que l'hôtel serait cédé au
privé..." (Le Nouvel Observateur).
S'agit-il d'un combat entre modernes et anciens perdu d'avance ? Non, car comme le disait Ernest Renan : "Le moyen d'avoir raison dans l'avenir est, à
certaines heures, de savoir se résigner à être démodé".
Pour signer la pétition des Amis de l'Hôtel de la marine : ici