
C'est dans le cadre de la journée des trépassés du 2 novembre que plusieurs hommages ont été rendus aux soldats morts pour la France.
A Perpignan, au cimetière de l'Ouest, ce fut l'occasion d'une cérémonie très émouvante en l'honneur de Rodolphe Penon. Cet infirmier militaire est décédé avec neuf autres compagnons dans une
embuscade à Uzbin en Afghanistan le 18 août 2008. Suite à la cérémonie aux invalides, sa ville natale, sa famille, ses frères d'armes, et les autorités civiles et militaires lui ont
ainsi rendu un juste hommage.
En échange de douloureux sacrifices comme celui-ci, la France a le devoir de dire la vérité aux familles et aux citoyens.
C'est ce que demande la mère des enfants de Rodolphe Penon et le père d'un des dix soldats tués, en portant plainte pour "mise en danger de la vie d'autrui".
En effet, la mort des dix soldats français connaît de nombreuses zones d'ombre :
- Alors qu'un contingent italien avait précédé les soldats français dans le secteur, il y aurait eu un manque de communication entre les autorités militaires françaises et italiennes sur
l'état de pacification de la région. Le journal anglais The Times révèle que l'Italie payait des chefs de guerre locaux en échange d'une certaine tranquillité. Or,
les troupes françaises n'auraient pas été informées de cet accord (et surtout de sa probable fin).
- L'encadrement de l'opération du 18 août 2008 est contesté. Des officiers auraient été absents en raison de l'accueil de personnalités à Kaboul.
- Le manque récurent de moyens de nos troupes, et notamment en ce qui concerne le matériel de base comme les gilets pare-balles, est encore une fois dénoncé... Une restriction financière
indécente face au train de vie de nos parlementaires, et notamment ceux de la majorité qui ont voté en faveur du prolongement de l'intervention en Afghanistan, un mois à peine après le
drame d'Uzbin (nos 4 députés UMP : Calvet, Franco, Irles, Mach ; et nos 2 sénateurs UMP : Alduy et Blanc, en font partie...).
Les personnes mortes pour la patrie ont droit au juste hommage de la France, mais cette dernière doit en premier lieu protéger la vie de ses soldats sur le
terrain.
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