"Il n'y a jamais que l'avenir pour donner son sens au présent et les hommes de demain pour juger ceux d'hier" Jean d'Ormesson (C'était bien - 2003).
Depuis son lancement en novembre, la candidature de Jean-Pierre Chevènement n'a jamais vraiment pris un essor significatif, jusqu'à ce sondage humiliant du 8 janvier lui prédisant moins de 0.5 %. De manière perfide, Le Monde ose même écrire que Jean-Pierre Chevènement n'est crédité "d'aucune intention de vote"...
Crise de l'euro, ingérances militaires occidentales, défense des valeurs républicaines... Comme il a coutume de le dire lui-même, son seul tort aura été d'avoir eu raison trop tôt. Or, cette faculté à anticiper et à bien comprendre les évènements avant tout le monde n'est pas récompensée dans un pays où on oublie trop vite.
Le quatrième pouvoir n'aide pas équitablement la candidature de Jean-Pierre Chevènement, préférant favoriser le bipartisme de la vie politique française et également à l'inverse de gonfler artificiellement les intentions de vote de candidats comme François Bayrou ou Eva Joly.
Une majorité des français fait toujours confiance à Nicolas Sarkozy ou à François Hollande pour sortir le pays de la crise, alors qu'ils font partie de ceux qui ont validé et même encouragé les solutions libérales qui l'y ont conduit. Pire, beaucoup d'autres se perdent chez l'inconsistante et dangereuse Marine Le Pen...
Dans un livre d'entretiens, l'Amiral Philippe de Gaulle rappelait que son père avait considéré en juin 1940 que les français avaient une mauvaise disposition "bovine"... Et pourtant, il donnera sa vie à servir une certaine idée de notre pays et à redresser la France, ce que Jean-Pierre Chevènement a également entrepris.
C'est l'application de la leçon de Max Weber pour qui "la politique consiste en un effort tenace et énergétique pour tarauder des planches de bois dur", et même face à l'ingratitude : "Celui qui est convaincu qu'il ne s'effondra pas si le monde, jugé de son point de vue, est trop stupide ou mesquin pour mériter ce qu'il prétend lui offrir, et qui reste néanmoins capable de dire "quand même !", celui-là a la "vocation" de la politique" (Le savant et le politique - 1919).
Aujourd'hui, malgré la déception et même la possible rancoeur, nous devons continuer à dire "quand même !" à la France avec Jean-Pierre Chevènement.
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